Féminin Sacré - Soleil/Lune

FIN DE CYCLE ET FEMININ SACRÉ

FIN DE CYCLE ET FEMININ SACRÉ

En complément du précédent article, je joins un article ici qui fait un bon résumé historique des "avatars" du féminin en ce monde et dans cet espace temps. Monsieur Jean Bernard Cabanès connait bien l'Orient et permet donc de juger ce qui fait la différence entre Orient et Occident concernant la relation au féminin.

Cependant, il omet quelques précisions historiques et les courants plus secrets des connaissances occultes et de la magie. Ne considérer que l'exotérique permet en effet de s'étonner du statut déplorable de la féminité en un occident survirilisé jusqu'à des outrances destructrices via ce que Marie Louise Von Franz appelait "l'animus destructeur"...

Longtemps d'ailleurs, les alchimistes d'occident ont voilé et occulté le genre de "grand oeuvre" dont il était question, symbolisant par le Soleil et la Lune le "couple" pour n'en faire que des symboles abstraits et pourtant cette "alchimie" trouvait en orient le courant tantrique pour exprimer la même quête de l'union sacrée, du hierogamos... Le tantrisme, lui, ne prétendait pas à une union avec quelqu'être désincarné comme l'occident mysogine où l'on voit même un Giordano Bruno, dans "Les Fureurs Héroïques" quasiment s'excuser de vouer des sentiments élevés à une de ces affreuses femelles que l'on a donné pour compagne aux hommes !

On lira donc avec intérêt le présent document  PDF sur "le féminin sacré".

Mais j'y apporte mes précisions divines d'Isis incarnée ayant "retrouvé ses esprits"... L'auteur évoque en effet le fait que les allemands gardent trace d'un soleil attribué au féminin et d'une lune attribué au féminin, on dit en effet die (la) sohne (soleil) et der (le) mund (lune) en allemand. On voit donc une : INVERSION des polarités qui n'est pas sans nous rappeler ce qui est dit du symbole de Saturne dans lequel on peut voir celui d'une Lune Noire inversée.

Or, j'avais déjà rappelé la définition que Pierre Riffard donnait de l'ésotérisme qu'il définissait comme une pensée allant au bout d'elle-même jusqu'à se retourner. On peut en effet dire que l'initiation consiste à "remettre le monde à l'endroit" et donc à inverser quasi tous les postulats du monde commun, et par conséquent : son système de valeur.

En considérant le Saturne inversé, il est intéressant de souligner que la pensée commune, et notamment en astrologie, le relie à la figure du père et donc du patriarcat. Or, rien n'est plus faux au regard de la symbolique des sephirots de la Kabbale qui relie cette planète au pilier de la rigueur, lequel est féminin, cristallisant la forme. C'est le pilier de la sagesse et de l'intelligence. Dans cette perspective, Saturne est bien relié à l'élément terre comme cristallisation de la forme, mais il est féminin et relié à la mère. Ce Saturne inversé sous forme de Lune Noire témoignerait donc non seulement de la dévaluation du rôle de la mère, mais aussi d'une inversion qui rattacherait le féminin à la Lune plutôt qu'au Soleil.

En effet, au niveau corporel, la notion de latéralité gauche/droite relié aux deux astres est de la plus haute importance. L'éveil de sushuma, canal central par lequel passe la kundalini doit être le fruit de l'union du féminin et du masculin respectivement attribué à la gauche (ida) et à la droite (pingala) du corps. Cette connaissance nous dit donc que la gauche du corps est attribué au féminin. Mais par ailleurs, Denys l'Aéropagyte lui attribue la place du "mauvais ange" ou encore "mauvais génie".

Le lien indiqué sur la cabbale évoque le fait initiatique de la "traversée de l'abîme" du Daath. Cette expériencei correspond à l'initiation tantrique, de la traversée "du pont des épées". Expérience périlleuse s'il en est...

Du haut de ce plan, la latéralité apparaît bien sous sa figure inverse, à savoir, un pôle gauche relié à des "démons lunaires" c'est à dire des êtres masculins étant à l'origine de ma chute dans la matière et relié à l'astral sans lien avec le divin réalisé. Sur le plan des faits, ce sont des hommes incapables d'amour pour le féminin, voire manifestant une véritable peur de celui-ci.


Si  l'épreuve n'est pas transcendée/tranformée, le niveau primaire en reste à un échec amoureux mais le caractère "ultime" et numineux de cette rencontre dont on pourra trouver l'écho dans le livre "Aycha" où un homme rejoint sa femme à l'issue d'un long périple ne laisse aucun doute sur sa nature sacré pour celui qui rencontre cette expérience. Il apparait que l'homme, relié pourtant énergétiquemen au côté gauche de l'être étaitpeut être aux antipodes de partager l'once d'une idée de ce qu'il se passe. Le "ressenti" est nul, ou bien nié. On pourrait parler "d'insensibilité" là où il y a clairement pathologie de sa part. On pourrait parler d't "échec" de sa part à évoluer vers le féminin. Mais la conscience divine, ne peut voir les choses ainsi. Le divin est "parfait" et cette anomalie a un sens bien plus profond qui relève bien du karma planétaire. Il me semble plus sensé de voir dans cette figure masculine, car l'auteur d'une ancienne profanation à l'égard d'Isis. Donc, une figure de sorcier ayant fait des pratiques magiques l'ayant aliéné à eux. Ceci permettra donc de sonder l'historique d'une "inversion" et de mieux comprendre pourquoi Denys l'Aéropagyte reliait le côté gauche "au mauvais génie". Ce qui devient clair lorsque le divin est réalisé en soi.

Il était au départ question "d'âme soeur" et il ne faut pas oublier que l'âme, dans ses pérégrinations utilise des polarités diverses endossant des incarnations soit masculine soit féminine. Mais l'incarnation féminine est bien celle de la libération et l'incarnation finale. La biologie elle-même retraduit cette vérité en nous apprenant que le chromozome masculin est imparfaitement développé au regard du chromozome féminin. Aussi, la figure de "ces démons lunaires" peut elle être le résidu de nos propres incarnations masculines, mais transformées en démons. Dans l'ouvrage "l'Ange à la Porte de l'Occident" on voit en effet le parcours d'un homme dans ses diverses incarnations où il doit "racheter" des erreurs commises dans des vies passées où il avait touché à ces mystères. Et l'initiation consiste aussi à "réunifier" ce qui s'était dispersé dans les temps... Etant donné que le masculin est une forme non aboutie de l'Etre, et en l'état actuel des niveaux de conscience, il est plus probable pour une femme initiée de retrouver ce type "d'alter ego" que la parfaite âme soeur. Je vois beaucoup de femmes chercher l'âme soeur et il vaut mieux en être prévenu : il s'agira le plus souvent d'une expérience initiatique à vivre. L'échec étant à peu près certain, si l'on ressent néanmoins quelque chose de "sacré" dans cette rencontre, c'est que ceci concerne notre propre évolution et non forcément l'autre qui, de ce point de vue, ne sera qu'un "support" à une meilleure connaissance de soi.

Dans son document sur le féminin sacré, l'auteur voit bien qu'il est partout question d'une quête "masculine" mais jamais féminine. Et pour cause ! Puisque la femme est "en soi" l'aboutissement de la quête ! Mais si le féminin cherche quelque chose, c'est bel et bien la seule chose qui importe : L'AMOUR. Et le féminin sacré sait que l'amour est nécessairement synonyme de respect ou bien ce n'est pas de l'amour. Les amours profanes, eux, sont plus couramment la rencontre de deux névroses c'est à dire de conscience non clarifié en chemin vers une vraie vision de la réalité.

Rebondissons donc ici sur l'église chrétienne qui nous montre une mère à l'enfant et qui dit tout des relations homme/femme en ce monde. Inverser les polarités revient à faire comprendre que la femme est un principe "élevant" pour l'homme comme pour l'enfant, quoi que certaines mères abusives se plaisent à les maintenir dans un certain infantilisme. Partout nous voyons à l'inverse des hommes se croyant dominant et cherchant à inférioriser le féminin. L'inversion/involution s'est produite à ce niveau, dans une tendance de ce qui est insuffisamment développé à vouloir se donner pour modèle cela, avec pour seul argument "la force brute" qui est l'apanage du masculin et donnait effectivement la prééminence à cette polarité en des temps barbares où l'on devait se défendre des agressions pour survivre. Mais dans un temps "évolué" et donc pacifique, il n'a plus aucune justification. D'où la destabilisation générale entre les sexes à laquelle nous assistons actuellement.

Voilà donc ce qui rend urgent le retour à la conscience sacré du féminin. Et cela notamment pour les femmes qui se sont elles-mêmes reniées en adoptant un comportement trop masculin, trop yang dans un monde où il faut bien le dire, rester femme relève de la prouesse si ce n'est de l'impossible si de plus on veut rester libre d'une mauvaise tutelle masculine.

Mais c'est ici que ma conscience divine d'Isis apporte un nouvel éclairage permettant, dans le masculin, de distinguer Seth d'Osiris car il existe bel et bien deux polarités masculines aux yeux d'Isis et donc au plan divin. La figure du Christ étant relié à Horus, c'est à dire : au fils. Et le mythe nous dit qu'il continue de se battre contre Seth, ce qui témoigne du combat -éternel ?- du bien et du mal en ce monde. C'est le sens même de la quête pour l'homme qui doit affronter des épreuves pour "grandir" et pour cela, éviter de devenir comme Seth, c'est à dire : un  être vaincu par le ma, possédé par luil. Ce faisant, il doit aussi protéger le féminin figuré par sa mère tandis que cette dernière est constamment harcelée et bafouée par Seth. Le premier des devoirs du masculin est donc de défendre le féminin grâce à sa force et son habileté.

Or, nous avons atteint un tel degré d'involution que l'on voit à l'inverse des femmes materner des hommes et les affaiblissant ainsi. Certaines femmes continuent en effet de chercher à "dominer" par la fonction mère qui leur est naturelle mais conduisent ainsi l'homme à la regression. On peut d'ailleurs dire que c'est une des raisons inconscientes de la misogynie des hommes qui sentent bien le danger à s'en remettre à ce type de femme qui seraient pour lui source de régression vers l'embryonnat plutôt que d'évolution. L'homme a donc besoin de se "couper" de l'univers féminin pour mieux y revenir, renforcé.

On peut dire que c'est d'ailleurs le chemin emprunté globalement par l'Etre-temps où nous sommes.

Mais Seth, comme Isis, a aussi un enseignement en ce monde : c'est celui de la loi du plus fort. Il est par nature : jaloux, menteur, cruel et meurtrier. Satan est sa figure chrétienne. Donc, tout ce qui enseigne à l'homme à manquer de respect à la femme est par nature lié à Seth. Si cet assentiment est délibéré, c'est d'accord car chacun doit rester libre de sa conscience et se vouer au dieu qu'il se choisit. En revanche, ne pas savoir cela revient à être dans ce qu'un Guénon appelle le "satanisme inconscient", c'est à dire suivre l'inspiration du "mauvais génie" faute d'enseignement et de guidance pour voir clair.

Sur le plan de la réincarnation, -car pour faire ce chemin vers le féminin sacré il faut plusieurs vies-, nous dirons donc qu'à chaque incarnation c'est la relation à l'amour et à la femme qui permettra de franchir des étapes. A l'inverse, cultiver une vision machiste et misogyne conduit à régresser et à rater l'épreuve qui doit, à l'inverse, conduire à l'ouverture du coeur.

Si nous faisons un bilan, nous ne pouvons pas dire qu'il y a "échec" au plan évolutif de la part du masculin en ce qu'il a contribué à un plus grand confort de vie permettant l'épanouissement de la vie matérielle sur cette terre, cela, ayant permis justement l'émancipation des femmes. En revanche, cette libération des contraintes matérielles doit servir précisément à une évolution humaine vers des valeurs féminines, sinon, ce qui était qualité deviendrait défaut. Pour cela, il convient de voir en quoi ces valeurs sont "force" (force de vie) et non faiblesse... Un film comme "Equilibrium" traite bien du tour pervers que peut prendre un monde "du père" où tout sentiment serait nié et renié comme seul fauteur de trouble et source de mal...


J'en vois certains dénoncer à notre époque une "féminisation" du monde tandis qu'il s'agit d'une "infantilisation" des hommes... Comme le soulignait un psychiatre récemment, le monde consumériste déteste les pères, le patriarcat. Il prétend offrir un "gros sein" à tous les hommes pour une satisfaction immédiate de tous ses besoins et surtout... Toutes ses envies... Il ne s'agit pas de "féminisation", mais d'une exploitation délibérée des pulsions primaires des individus ce que l'on ne peut faire qu'en l'infantilisant l'individu et en lui désapprenant à se limiter, se sevrer, bref : grandir. Rôle que jouait auparavant le père. Il est faux de dire que la consommation n'appartient qu'à l'univers féminin du shopping... Les hommes sont les premiers à courir derrière le dernier cri de l'industrie technologique ou automobile...

Nous sommes en un temps particulièrement "charnière" pour comprendre cela... Partout on entend un discours semant la confusion et s'insurgeant contre le "sexisme" pour viser un monde "unisexe" où toutes différences seraient nivelées et bannies. Jusqu'à ces théories douteuses du "genre", sans perspective ésotérique si importante concernant le masculin et le féminin. On a tellement enseigné aux femmes leur infériorité congénitale que si elles se découvrent quelques talents, elles pensent qu'elles sont donc l'égale des hommes, et donc : des hommes  !!! Alors qu'elles sont simplement des femmes instruites et évoluées... On a tellement appris aux hommes leur supériorité que faire le constat de la valeur des femmes en tant qu'humain les conduit à un soudain sentiment d'infériorité qui les fait fuir voir nier ce qui leur fait soudain de l'ombre tandis qu'ils pensaient que c'était eux les éléments brillants du couple féminin/masculin. Peu d'hommes en effet restent "des hommes" face à une femme brillante, ils préfèrent par nature dominer sur ce qui leur est inférieur et rabaisser ce qui les domine. Nous voyons même ce conseil donné à l'homme dans le Talmud : "Prends pour ami celui qui t'est supérieur et pour femme celle qui t'est inférieure". Mais enfin, dire cela souligne bien le fait que dans le genre humain, il existe des hommes et des femmes de niveaux différents et non deux seuls sexes dont l'un serait supérieur à ll'autre.

Il est un fait que pour un homme, aller vers ce qui lui est supérieur ne reproduirait que trop, sinon, le schéma mère/fils. Mais à l'heure actuelle on voit de plus en plus d'hommes jeunes rechercher des femmes mures. Il y a certes le fait que ces dernières ne marquent plus l'âge comme avant mais arborent le plus souvent une féminité rayonnante, mais n'y a-t-il pas encore une recherche de maman pour éviter d'avoir à grandir ? Quoi qu'il en soit, ceci me semble plus proche de la vérité selon laquelle l'homme serait "lunaire" (c'est à dire "enfant") face une féminité "solaire". Les femmes qui n'ont pas développé une vision trop négative de l'homme ont toutefois toujours considéré ces derniers comme "de grands enfants" qu'il est difficile de prendre vraiment au sérieux. Ceci n'a donc rien de nouveau. Ce qui sera nouveau, c'est un homme qui admet cela et respecte la femme comme le conduisant à sa maturité. Tandis que l'homme commun tend à faire taire la femme lorsqu'il faudrait à l'inverse l'écouter.

Ce qui serait nouveau aussi, ce serait un homme capable de voir non pas la mère, mais l'enfant chez la femme aussi ! Ce serait là un signe de maturité affective pour ne pas résumer la femme soit à l'objet sexuel, soit à la mère terrifiante soit bonne pâte. Pour cela, il semble que chacun des sexes doivent renouer tout d'abord avec son enfant intérieur et savoir développer à son égard un regard de tendresse bienveillante et non de réprimande systématique.

La voie conduisant à nier la différence des sexes au prétexte de sexisme est sans issue car elle procède d'une propension et d'une tendance que trop répandue à nier l'autre dans sa différence. Le bon chemin est, à l'inverse, de savoir nettement discriminer en soi ce qui relève du féminin, du masculin mais aussi de l'infantile et du mature. Il existe une expression moqueuse pour qualifier quelqu'un dysfonctionnant, on dit : il est pas fini.

Et bien voilà ! Il me semble que tout ira bien en considérant que, par nature, s'il n'est pas initié, éveillé, évolué l'homme est tout simplement : pas fini. Et c'est précisément parce que la plupart ne sont "pas finis" qu'il existe des lieux de développement personnel. Parmi ces lieux, il en existe visant à rééquilibrer féminin masculin et il me semble que "l'homme sage" doit impérativement s'y inscrire s'il mesure l'importance de faire ce chemin, notamment sur le plan de son évolution spirituelle. L'homme a la femme qu'il mérite et moins il développe son aptitude à plaire à des femmes de qualité, plus il compromet son évolution. C'est important de le préciser à notre époque où nous voyons se fortifier le tendance inverse où l'homme croit avoir tout compris en mettant facilement une femme dans son lit ! Qu'elle soit "gratuite" témoigne surtout du fait qu'il n'est plus prêt à payer pour ce qui se mérite. Et certaines femmes en mal d'affection sont malheureusement des proies faciles pour de tels hommes. Or, à vaincre sans mérite on triomphe sans gloire... Si on peut parler de "triomphe" en la matière...

Il existe donc bel et bien une "fin des temps" lorsque l'homme cesse ainsi de poursuivre une véritable "quête" pour ne plus faire que se vautrer dans le sexe facile ne témoignant en réalité que de la réussite d'une destruction millénaire du féminin. On voit de tels hommes maintenant rêver de sexe avec des robots, forme la plus abouti de cette perversion de l'évolution qui à force de refoulement du féminin, conduit l'homme vers l'inhumain, le deshumanisé. De tels hommes, bien sûr, se vouent à la mort et l'inertie de la matière, non à l'évolution spirituelle. Or, depuis les premiers temps il est dit que le masculin était inerte et n'a été animé que par le féminin. Anima, rappelons le voulant dire : âme.

Alors pour les hommes poursuivant ce chemin, on peut dire, oui, que la boucle est bouclée et que de poussière il redevient poussière. C'est cela "la fin des temps". Pour l'homme ayant sauvé son féminin, par contre : la vie continue mais sur un autre plan...

© Laurence LARZUL - 17 juin 2012