LA CONJONCTION URANUS-NEPTUNE DE 1993

 

LA CONJONCTION URANUS/NEPTUNE DE 1993 OU LE TRANSIT DE NEPTUNE ET LA LECON D'HUMILITE

 

 

Cet article fut rédigé en 1993 pour la revue Urania. Il s'agissait de traiter de la planète Neptune qui était le sujet du N° de la revue. Cet article reste cependant d'actualité, dans la mesure où cela aborde la question du passage de l'Ere des Poissons à l'Ere du Verseau. Le cycle qui s'est amorcé alors présidera en effet aux 175 ans à venir…

 

La quête Neptunienne (si l'on peut parler d'une quête car il s'agit plutôt là d'une aspiration diffuse) est celle de la fusion avec le Tout. Or, le terme de fusion vient du latin fundere qui signifie fondre. Lorsqu'au Soleil, Neptune vient proposer cette expérience de fusion, celui-ci, se sentant menacé, ne trouve souvent rien de mieux que se mor-fondre.

En effet, le Soleil, imbu de son pouvoir, ne s'en démet pas de bon gré. Ses feux, mal éteints par une orgueilleuse résistance au contact de notre aquatique Neptune, diffusent alors l'âcre fumée asphyxiante des incendies fraîchement maîtrisés. Comment s'étonner qu'un tel Soleil suffoque et s'aveugle, se débatte en tous sens, paniqué par l'opacité d'un air devenu irrespirable et toxique, et que sa vue, troublée et assombrie par une atmosphère carbonisée, lui restitue du monde un paysage de désolation au sein duquel les vapeurs dansantes apparaissent en spectres hallucinants et trompeurs contre lesquels, victime à présent impuissante, il livre un vain combat ! Puis, enfin, qu'épuisé, notre fier se morfonde, semblable au tournesol brisé par une violente averse. Que d'énergie perdue et de désillusion pour ce prétentieux soleil qui ne vit en Neptune qu'eau insipide, miroir docile sur lequel refléter son éclat... fatale erreur, le feu, de toute éternité fut vaincu par l'eau.

S'adonner tout entier à cette vague déferlante est de loin préférable. On sait que c'est d'épuisement, pour avoir trop lutté, que le noyé périt le plus sûrement. Pourtant la mer, si inquiétante qu'elle soit et si loin qu'elle égare, ramène toujours au rivage celui qui a su se laisser docilement porter par le tumulte. Il faut beaucoup de foi et de confiance pour croire qu'elle nous laissera sauf. Et ce sont ces vertus, précisément, qui nous sauveront du péril. Neptune, à l'instar la mer, exige notre abandon dans la foi et la confiance.

Le cercle solaire doit s'immerger "de bon coeur" dans la coupe neptunienne qui lui est tendue et s'abandonner joyeusement à cette effervescente eucharistie. Il n'a pas d'autre choix.

Ouvrir le cercle pour épouser la courbe, sacrifier l'apparence pour sauver l'Essence... Un soleil capable de cela est de ceux qui ne confondent pas le centre et la périphérie. De Saturne il a retenu sa leçon de géométrie, à savoir : un point, c'est Tout. Aride leçon, sévère loi, triste pitance spirituelle que cet univers ainsi réduit. Ce n'est pourtant qu'à celui qui en a accepté l'austère expérience que Neptune apportera une vraie révélation. A celui qui a su se contenter de ce presque rien et d'en sonder inlassablement la profondeur, il va donner enfin l'accès à la splendeur qui y était cachée. Aux autres, il ne tendra que pièges et fausses vérités. Pour n'avoir pas su dénuder l'arbre, il continuera de leur cacher la forêt de ses branchages croissant infiniment, dans un enchevêtrement toujours plus complexe.

 

 

PETIT GLOSSAIRE A L'USAGE DES "TRANSITES"

Aussi génial et inspiré que soi celui dont le Soleil est transité par Neptune, il est plus que tout autre enclin à se tromper, l'énergie neptunienne étant des plus délicates à intégrer. En effet, dans sa quête de fusion, quelques douteuses excroissances viennent se greffer qui la déclinent en con-fusion, dif-fusion, in-fusion, ef-fusion, pro-fusion. Neptune (qui a du naître avant le verbe) s'y connait pour nous faire perdre notre Latin. Et c'est en nous accrochant fermement aux racines du langage que l'on pourra écouter son chant sans craindre d'y perdre la raison.

Confusion

"Con" vient du latin cum qui veut dire avec. La confusion viendrait-elle de ce que l'on fond "avec" quelque chose ou quelqu'un ? Sans doute. Laisser s'introduire un élément étranger crée une chimie qui ne peut que dénaturer l'Essence première de l'objet. Il convient donc de faire preuve de rigueur et d'être vigilant afin de ne pas se laisser influencer. Faute de quoi Neptune, en nous faisant perdre de vue notre identité solaire, et son objectif de réalisation, ne peut que nous égarer. Perte d'identité, illusion, dépression menacent...

La confusion est aussi un trouble qui résulte chez certains de la honte et de l'humiliation tandis que chez d'autres, pudiques et modestes, elle est synonyme de gêne. Ainsi peut-on remplir quelqu'un de confusion tout autant par de sévères reproches que par d'élogieux propos, cela dépend de la nature solaire de ce fameux quelqu'un... Lors du transit de Neptune sur le Soleil, l'image que nous renvoient les autres de nous-même, qu'elle soit bonne ou mauvaise, sera déterminante, bien que très souvent fausse, du moins nous semble-t-il...

Effusion

Ef est un préfixe marquant l'éloignement ou la privation et souvent aussi le changement d'état et l'achèvement comme nous le dit le Petit Robert. Ce peut être l'effusion du liquide qui se répand, l'effusion de sang par exemple. Ainsi en est-il d'une matière mal contenue, et si celle-ci se répand, que nous restera-t-il ? Veillons donc à ne pas perdre notre Essence faute de savoir "nous contenir" !

Bien sûr, il y a aussi l'effusion des sentiments, l'effusion de tendresse, qui songerait à s'en plaindre, douceur des douceurs... Ces effusions là sont de celles d'où naissent nos plus belles émotions. Il en est un pourtant qui s'en plaint : celui qui pour avoir tout donné de sa sève à qui ne méritait pas tant s'est fait volé son âme par un trompeur amant... C'est pour cette sorte d'effusion que l'on "fond" en larme. Le Soleil symbolisant l'homme pour la femme, celle-ci se sentira d'autant plus d'effusion que ce dernier est lointain, inaccessible, insaisissable, fuyant. Du fait d'un éloignement réel ou psychologique, la personnalité de celui-ci est incernable. Qu'elle en profite pour le parer d'atours plus flatteurs ou, rongée d'inquiétude, pour lui supposer des vices cachés, cela dépendra de la nature affective de son thème natal.

Profusion

Profusion vient du latin profundere qui signifie répandre. Etrange glissement de sens qui du fundere latin qui signifie fondre nous a mené à l'acception "répandre"... Ne peut-on fondre sans se répandre ? Il semblerait que non, à moins d'un contenant bien "hermétique" qui évite toute sorte de fuite... Mais passons ces considérations trop prosaïques pour notre céleste planète. Se répandre, en soi, n'est pas un mal. Tout dépend ce qui se répand. Le problème est précisément que Neptune fera indifféremment profusion de tout, de la cellule cancéreuse comme du pain miraculeux... La qualité de ce qui subira ainsi l'insidieuse ou la merveilleuse profusion Neptunienne est donc à surveiller de près.

Diffusion

Ce verbe a pour synonyme propager. N'oublions pas que nous avons glissé de fondre à répandre... On parlera de la diffusion d'une émission télévisée par exemple, dans ce cas ce sont des ondes que l'on propage. Mais, on le sait, une émission peut être info ou intox...

On peut aussi propager des idées, ou encore un bruit. A noter que, dans le cas d'un bruit, il s'agit souvent d'une rumeur et que celle-ci est généralement trompeuse. Neptune diffuse indifféremment calomnies et louanges qui, pour être faux, n'en ternissent ou n'en embellissent pas moins l'image et la réputation de l'individu sur lequel se diffuse ce bruit. Il semble que plus le chemin parcouru entre la source d'émission et le point de réception est étendu et tortueux, plus l'information diffusée arrivera déformée. C'est un processus assez inévitable qui fait de la diffusion une des entreprises neptuniennes les plus hasardeuses... L'aquatique Neptune nous invite à vérifier "nos sources"...

Infusion

Composé de l'élément "in", qui signifie "en, dans" ce mot a plusieurs significations. Tout d'abord, une infusion consiste à laisser tremper une substance dans un liquide afin qu'il se charge des principes qu'elle contient. On ne dit pas de quelle substance il s'agit. Cependant, on conclura aisément que, du bienfait ou du méfait de celle-ci, dépendra l'effet de l'ingestion de ce liquide. De l'empoisonnement aux phénomènes hallucinatoires, il peut s'être chargé de propriétés aussi toxiques que bienfaisantes.

Nous noterons aussi qu'il est possible d'infuser dans un corps solide. Il s'agira plus précisément d'une transfusion, de sang par exemple. Si la transfusion de sang est vouée à sauver des vies, les événements récents nous ont montré que cette pratique peut aussi contaminer d'une maladie mortelle. Sans doute à cause des visées mercantiles qui ont entâchées la fonction neptunienne, fonction qui ne s'épanouit véritablement que dans le désintéressement et le dévouement sincère.

 

En théologie, l'infusion c'est "la pénétration dans l'âme de certaines facultés ou grâces surnaturelles. Exemple : l'infusion du Saint Esprit". Tiens, tiens... Il semblerait donc que c'est en infusion qu'il est préférable de consommer Neptune ! C'est-à-dire qu'il faudrait mieux fondre "dedans", plutôt qu'"avec", "pour", ou de tout autre manière."Fondre à l'intérieur" laisse de la place pour "se pénétrer" de la grâce et de toute autre faculté qui, puisqu'elles sont "surnaturelles", ont pour conséquence d'accroître nos facultés naturelles. Sous la houlette de Neptune, les feux solaires devraient donc s'orienter vers l'intérieur. N'est-ce pas dans ce recueuillement médidatif que se découvre le plus sûrement cette fameuse science dite infuse ?

 

LE TRANSIT DE NEPTUNE ET D'URANUS

Le transit de Neptune sur leur Soleil (Bélier/Cancer/Balance/Capricorne), s'est doublé en 1993 de la présence d'Uranus pour ceux qui ont le soleil à 18° environ des signes cardinaux. On attribue à Neptune l'élément aquatique, tandis qu'Uranus est lié à l'électricité. Or, on sait que l'eau est un puissant conducteur à l'électricité. Pour les natifs concernés par ce passage planétaire, il a été difficile de canaliser ce "survoltage" et, pour beaucoup, il y a eu risque de disjoncter !

Entre l'aspiration fusionnelle de Neptune et la pulsion uranienne de rupture, difficile de prendre son parti... Soumis à des tensions aussi puissantes que contradictoires, il a fallu alterner entre la soumission et la révolte, l'intransigeance et la compromission, la complaisance et la rigueur, la certitude et le doute. Evidemment, soumis à une telle tension intérieure, il est hors de question de rester dans l'inertie sous peine d'implosion !

Mais vers où aller ? Loin, Bien sûr... Ces énergies confondues peuvent s'apparenter à un véritable propulseur tant dans la découverte intérieure que celles de nouveaux espaces extérieurs. Il faut se résigner : il est impossible avec un tel transit de rester tranquillement calfeutré dans son confort. Il s'agit de perdre ses repères et de rompre avec le connu, l'éprouvé... Il faut larguer les amarres avant qu'elles ne rompent d'elles-mêmes. Et cela tant sur le plan de nos certitudes que sur celui de nos acquis, nos habitudes...

 

A DOUBLE TRANCHANT

Ou encore : à "trouble tranchant". Si Uranus nous porte à trancher, Neptune, lui, complique les choix en troublant nos perspectives. Entre l'attitude qui porte à trancher selon l'inspiration du moment (faute de repères fiables) et celle qui porte à s'affirmer selon une utopie qui, sous l'égide de cette conjonction, prend des apparences de certitudes incontournables, difficile de diriger correctement sa barque. Il faudrait une grande liberté intérieure, une vraie sagesse pour capter sans risque d'erreur le message et s'en inspirer judicieusement. Il faudrait être libre de tout préjugé, de tout schéma pour ne pas en dénaturer l'inspiration et supporter sereinement une telle "décharge". La supporter suppose un équilibre mental et physique qui permette d'emblée de vibrer sur la bonne fréquence, sinon les parasites jouent les troubles fêtes.

En parlant de parasite, est-ce un hasard si le chômeur ou RMIste tend alors à devenir un statut social à part entière ? L'ex-parasite devient promoteur : on crée des associations, on édite un journal, un site internet, on s'organise en institutionnalisant l'exclusion qui, devenant structurelle prend valeur d'activité sociale à part entière. N'est-ce-pas la l'expression de l'affirmation Uranienne des démunis neptunien en quête de reconnaissance capricornienne ? Que l'humanitaire soit entré en politique depuis que la conjonction est en formation est bien dans la veine de ces influx. Que les pratiques de la tradition spirituelle s'immiscent dans les entreprises, voire dans la politique, au travers des stages de développement personnel issus du New Age, dans lequel se mêlent un curieux mélange de libéralisme compétitif (Uranus) et de méditation transcendentale (Neptune) est aussi un des effets de cet aspect. Plus globalement on peut constater que notre société occidentale typiquement uranienne s'ouvre à la philosophie orientale neptunienne. Science et spiritualité se rapprochent ...

On a parlé de propulsion. Si l'inconscient collectif (signifiée par Neptune) subit une sorte de "fulgurance" par le contact uranien, il en resulte nombre d'effets pervers aussi difficiles à quantifier qu'à juguler tant que Neptune est à l'oeuvre. Puisque, par essence, il masque et trouble les réalités. De cette période, nous ne pourrons faire véritablement la part des choses que plus tard, lorsque les brumes seront enfin dissipées. Des découvertes invraissemblables (probablement fortuites et consécutives à des erreurs neptuniennes) aux faux semblants actuellement insoupçonnables, bien des surprises nous sont réservées.

Il en est de même pour l'individu qui vit ce transit, c'est plus tard qu'il mesurera ses erreurs mais aussi l'avantage certain de celles-ci pour l'évolution de sa vie et de son individualité. Peut-être aussi regrettera-t'il ces heures exceptionnelles, car véritablement, c'est une expérience exceptionnelle que nous proposent ces deux planètes et, comme toujours, il faut se montrer à la hauteur...

Tels seront les enjeux du cycle qui s'est ouvert en 1993 avec la conjonction Uranus/Neptune. Uranus maître du Verseau semble avoir, à cette date, repris le flambeau de Neptune, maître des Poissons. Une date importante que la rencontre de ces deux astres régissant l'Ere des Poissons finissante (Neptune) et l'Ere du Verseau commençante. Elle amorce un cycle d'environ 175 ans durant lesquels nous devrons intégrer les valeurs nous permettant d'instaurer la nouvelle ère. Nous avons donc le temps, jusqu'en 2168, de vibrer au niveau de ces planètes dites " transcendantes " qui nous appellent, précisément, à la transcendance.

Si Neptune nous induit en erreur, sans doute est-ce pour mieux nous faire appréhender tout ce qui échappe à notre volonté solaire et qui restera à jamais hors de sa portée forcément trop limitée. Plus cette volonté est rigide, plus elle se targue de maîtrise et de puissance plus la leçon de soumission sera humiliante. Pour celui qui compte spontanément avec l'invisible et la providence, qui sait que rien ne peut être réalisé sans leur soutien et leur guidance Neptune se fera charitable en récompensant sa confiance. Car c'est surtout la confiance, en soi, mais aussi en l'Autre, qui sera mise à mal par le passage de Neptune. Malgré les leçons saturniennes si durement intégrées, Neptune nous oblige à admettre que des choses, encore, nous échappent... Il nous oblige à revoir les limites que nous avions posées et à nuancer de subtilité, voire de sensibilité, notre connaissance et notre expérience... Histoire de nous rappeler qu'il y a toujours plus haut, plus loin, plus grand et que la route est encore longue...

 

Et c'est la marche que des deux planètes proposent à l'humanité, pour les 175 ans qui viennent… Depuis la date de rédaction de cet article &endash;en 1993- où l'on ne parlait pas encore de " mondialisation " et où la toile d'internet n'était pas encore tissée, nous pouvons d'ores et déjà mesurer le bond en avant qui a été fait. Mais ce n'est pas fini… Car cette conjonction se doit, pour en éviter les effets pervers, de favoriser une véritable solidarité universelle dont les pays en voie de développement devront pouvoir profiter pour se développer.

 

Retour à l'accueil

Retour à la page "Articles"

3 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

© Laurence LARZUL - 2011-2012