LES 4 ELEMENTS : RACINES DE LA CONNAISSANCE


LES 4 ELEMENTS : RACINES DE LA CONNAISSANCE

 

Pour aborder la question des éléments, il semble important de bien distinguer la notion de caractère et celle de tempérament, ou encore de psychologie et de physiologie. Car il semble que c'est essentiellement du tempérament que nous parlent les éléments, ce tempérament étant issu de la combinaison des 4 humeurs définies par Hippocrate (460 av. JC) compartimenté en tempéraments lymphatique, bilieux, sanguins et nerveux. C'est ce que l'on peut en conclure, mais auparavant voyons d'où sont issus ces 4 éléments.

 

La grande question des Anciens...

En fait, la question des éléments constitutifs de "la Nature" fut celle qui nourrit les plus ardents questionnements des Penseurs Présocratiques (environ 6/5e s. av. J.C) en quête d'une "materia prima" de laquelle le Monde serait issu. On regroupe sous le terme Présocratique, l'ensemble des philosophes précédant Socrate. Ce dernier ayant transmis son enseignement par la plume de Platon dont l'oeuvre situe une sorte de " zone frontière" dans l'élaboration de la pensée grecque. Les Présocratiques sont donc les "ancêtres" des deux grandes écoles à l'origine de la culture occidentale : celle de Platon, versée plus spécialement dans les mathématiques, celle d'Aristote à mentalité plus "biologique". Parmi les plus fameux Présocratiques nous trouvons Thalès (on se souvient de "son" axiome enseigné en mathématiques...) pour qui "la terre flotte sur l'eau et l'eau est le principe de toute chose". Pour Anaximène, "de même que notre âme étant air nous soutient de même un souffle et un air enveloppent le monde tout entier". Héraclite, lui, voit dans le feu l'origine de toutes choses et l'explication des différents phénomènes de l'univers.

 

... et la réponse d'Empédocle

Mais d'après Aristote, c'est Empédocle le premier qui définit par ces éléments les "Racines" de toutes choses. A la différence de ses prédecesseurs, il n'en privilégie aucun et ajoute la Terre, à l'Eau de Thalès, l'Air d'Anaximène et au Feu d'Héraclite. A ces 4 éléments, Aristote apportera le complément de l'opposition du sec et de l'humide, du chaud et du froid. Selon Empédocle chaque corps contient une certaine proportion de chacun de ces éléments. Le corps humain est à ses yeux composé des quatre éléments : "Les chairs naissent du mélange, en parties égales, des quatre éléments, les nerfs de feu et de terre unis au double d'eau, les ongles viennent aux vivants des nerfs qui se refroidissent au contact de l'air, les os sont formés d'un mélange de deux parties d'eau et de terre et de quatre de feu, ces parties étant contenues à l'intérieur de la terre. La sueur et les larmes naissent du sang liquifié et rendu plus fluide par le fait qu'il est devenu plus ténu".

Rendons donc à Empédocle ce qui lui revient : c'est à lui que notre culture occidentale accorde la conception de la théorie des 4 éléments, sur laquelle se fondera la Connaissance de laquelle naîtra cette fille, ingrate et sans mémoire, que nous appelons à présent la Science.

 

Eléments et vérités premières...

Science trouvant nombre de ses principes premiers dans le pythagorisme et plus globalement en ces Penseurs Présocratiques, la plupart étant originaires d'Asie Mineure ce qui situe une origine orientale à la pensée grecque. Fort de cette réalité, la dichotomie entre la pensée orientale et occidentale apparaît comme une simple conséquence (ou encore nécessité) historique.

Profitons-en pour rappeler que la métempsychose (réincarnation) était alors une évidence que l'on ne songeait même pas à discuter. Pythagore et Empédocle, notamment, se vantaient de se souvenir de leurs existences précédentes et expliquaient que c'était cette mémoire qui leur conférait la Connaissance du Monde et des lois de son Harmonie.

...à l'adresse des astrologues qui se voudraient "scientifiques".

La plupart des penseurs et philosophes (dont Nietzsch (1844-1900), Marx(1818-1883)) pour les plus mal interprétés) du 19ème siècle, sous l'égide de la conjonction Uranus/Neptune de 1821 mais surtout de la découverte de Neptune en 1846 éprouvèrent le besoin de revenir sur ces sources de la Connaissance afin d'y puiser l'essence d'une nouvelle philosophie. Ces sources ayant été occultées par un christianisme mal compris et délibérément oublieux, préférant ériger de nouveaux dogmes sur lesquels asseoir un pouvoir temporel sans doute nécessaire d'un point de vue historique. C'est au travers d'une philosophie scolastique très réductrice, qu'il semble temps de remettre en question, que ce pouvoir a pu connaître son avènement.

A propos de l'aspect Sacré de la connaissance des Présocratiques, la pensée rationaliste, issue de cette philosophie scolastique, rétorque que la pensée moderne doit se féliciter de s'être débarrassée de ces "oripeaux supersticieux" qui "brouillaient l'esprit et la compréhension" de nos Penseurs Présocratiques. Il faut toutefois se rappeler que ces mêmes penseurs furent les premiers à chercher à détacher le Mythe de la Raison en ces temps où les dieux étaient légion. En cela, ils pourraient donner à nos plus obtus rationnalistes des leçons de "rai(é)sonnement". La Raison des Présocratiques apparaît rétrospectivement d'autant plus puissante qu'elle s'attachait à élucider un Univers dont le mystère était alors parfaitement opaque, du moins pour le commun des mortels.

 

"Science sans conscience est-elle ruine de "l'Arbre"" ?

La médecine, la physique, la biologie, la chimie n'auraient sans doute jamais connu leur avènement si les Présocratiques ne lui avaient conçu des Racines sur lesquelles pourrait croître et se développer l'Arbre de notre connaissance scientifique.

Il faut sans doute aller en Chine (pour ce qui est des grandes civilisations) pour trouver une autre essence de ce même Arbre. Pour la pensée chinoise, le monde est en effet constitué de 5 éléments et non de 4, comme "le nôtre". Pour eux, le monde se constitue du feu, du bois, de l'eau, de la terre, et du métal. A considérer combien cette vision "élémentaire" de l'univers a pu orienter différemment nos civilisations, (la pratique très différente de l'astrologie selon ces structures premières en témoigne), on mesure tout à la fois le relatif et l'essentiel de cette théorie des éléments.

Pour la Connaissance astronomique et astrologique qui nous concerne plus particulièrement, c'est à Ptolémée (2ème S. après JC) que nous en devons les fondements, puisqu'il rassembla dans son fameux Tétrabiblos les principes établis par ses prédecesseurs auxquels il ajouta le résultat de ses propres recherches.

 

La pratique moderne de l'astrologie et la "perception cognitive"

Quant à la pratique de l'astrologie elle-même, il semble que le maintien de cette répartition élémentaire dans l'interprétation astrologique trouve son intérêt dans le fait qu'elle permet à la réflexion de ne pas se dissocier de la perception. Chacun pouvant comprendre par ses sens, "saisir" ou plutôt percevoir ce que signifie le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre et par cela nourrir son intuition à des niveaux plus profonds que ne le permet le seul mental. Les 4 éléments favorisent donc ce que l'on appelle la "perception cognitive".

Utiliser les éléments semble nécessiter toutefois de garder à l'esprit que ceux-ci sont constitutifs mais non représentatifs de l'invididu. C'est donc l'équilibre qui existe entre eux plutôt que chacun d'eux pris séparément qui semble pouvoir donner lieu à une interprétation. Du moins est-ce ainsi que l'a conçu Empédocle qui voyait en ces 4 éléments une division de l'Unité primordiale à l'inverse de notre pensée actuelle qui cherche à reconstituer cette Unité en rassemblant les éléments épars de notre connaissance moderne.

 

L'expression du Tempérament

Il convient donc de considérer les 4 éléments comme un tout, structuré en diverses proportions selon les individus. Les carences, équilibres ou excès qui en ressortent évoquant un TEMPERAMENT, plus qu'un caractère. Tempérament qui sera particulièrement utile en astrologie médicale puisque cette répartition élémentaire traduit à mon sens la physiologie plus que la psychologie de l'individu. A l'expérience, j'ai pu constater qu'un individu pourra avoir tendance à exprimer ou rechercher plus que tout autre la qualité d'un élément manquant totalement dans son thème. Sans doute doit on y voir l'expression du phénomène de la loi de compensation. Il semble bien que cette "quête de l'élément manquant" ait des vertus thérapeutiques...

Quoiqu'il en soit, et pour conclure, l'interprétation astrologique étant toujours affaire de synthèse, les éléments pourraient être assimilés à une lumière qui donnera une tonalité différente aux couleurs que la palette astrologique utilise pour dépeindre l'individu. tonalité qui sera à son tour "mâtinée" de la croix fixe, mutable ou cardinale auquel elle appartient.

La vision historique que j'ai tenté d'esquisser permettra, je l'espère, de cerner la nature fondamentale des 4 éléments, ces derniers constituant véritablement le "tronc commun" de l'ensemble des connaissances de la culture occidentale. Tronc encore apparent dans l'ésotérisme, tandis que l'exotérisme l'a enseveli à l'instar de l'ensemble de nos racines. Et les "déterrer" semble urgent...

 

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