APPRENDRE L'ASTROLOGIE POUR DEVENIR PLUS HUMAIN

Voici ci-dessous un extrait de mon ouvrage " Le Zodiaque Réfléchi ". Vous y trouverez quelques réflexions sur l'état actuel du monde et les enjeux qui se posent pour opérer le virage de l'entrée dans l'ère du Verseau sans trop de casse. On verra alors qu'apprendre l'astrologie n'a pas pour seul dessein de " faire métier de l'astrologie ", mais que cela participe de l'hygiène mentale de chacun pour entrer dans un monde où s'instaure un nouveau paradigme.

Penser la trinité, le dualité et la quête précipitée de l'humain vers l'Unité permet de comprendre bien des phénomènes sociaux actuels.

 

S'il est une chose que l'astrologie nous enseigne c'est avant toute chose, la tolérance issue du respect de la personne humaine qu'elle suscite. Ce respect ne viendrait-'il pas du fait que l'individu, exprimé par la carte du ciel dressé par l'astrologue, montre au regard de ce dernier "ce morceaux de ciel" que tout être incarne ? L'homme respecte ce qui est grand et qui le dépasse. L'astrologie montre la grandeur intérieure cachée en tout individu, cette portion de ciel qui lui est impartie et qu'il est amené à manifester, de manière plus ou moins heureuse et aboutie, dans son incarnation.

 

L'astrologue peut voir d'un seul coup d'oeil toute la contrée d'un être alors que celui-ci, en une vie entière n'en aura peut-être visité et découvert qu'un recoin au sein duquel il aura parfois tourné en rond inlassablement. Pour n'avoir pas compris cette injonction "connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux". Ainsi, si tout un chacun détient en lui une partie du ciel, circonscrite tant en espace qu'en temps, peu ont pris possession de leur propre territoire pour le cultiver. Ce n'est généralement qu'à l'occasion de transits, conflictuels le plus souvent, qu'émergera à leur conscience, tel un nouveau continent surgi dans l'océan de l'inconscient, un de ses espaces intérieurs. Si nul ne part à la découverte de son continent intérieur, par le processus d'indivuation cher à Jung, celui-ci restera submergé dans ce que ce dernier a justement appelé l'inconscient collectif.

Trop d'individus considèrent encore leur seul Ascendant comme manifestation de l'être. Cela, même s'ils ne sont pas astrologues. Je m'explique. L'ascendant exprime l'incarnation dans la corporalité, laquelle se manifeste par un comportement, un tempérament, un physique. Ce qu'il y a de visible et de manifeste en l'être. L'ascendant se manifeste aux regards et se définit par eux en se soumettant à leur jugement symbolisé par la Balance. A ce stade, l'être n'est pas conscient, il manifeste simplement sa pulsion de vie en s'harmonisant plus ou moins bien au monde extérieur. Ceci constitue la dimension horizontale de l'être, dimension dont beaucoup se contente pour s'autoriser à dire JE.

Or l'espace de la réalité de l'incarnation a 4 dimensions. Se contenter de la dimension horizontale, c'est ne pas exister pleinement à cette réalité, ne pas être véritablement manifesté. A la définition horizontale, doit s'ajouter la dimension verticale, laquelle va parachever la manifestation de l'être dans la matérialité de l'incarnation, symbolisée par la croix.

Cet axe vertical se trouve dans les signes du Cancer et du Capricorne. Le signe du Cancer exprimant les eaux primordiales, matrice de toutes les formes qui vont se structurer dans le Capricorne afin d'émerger à la réalité, sous forme concrète, tangible. C'est au Capricorne que va émerger le fameux continent, pour aboutir à la montagne après avoir dépassé la ligne d'horizon que forment l'axe Bélier Balance.

 

Toutefois, ce processus d'évolution devra s'opérer au niveau des Trois mondes dont nous parle la tradition. Celui du corps, de l'âme et de l'esprit. Le premier est sans doute le plus inné et naturel car visible. Chacun est amené à en faire l'expérience au travers des 3 âges que sont l'enfance, la maturité et la vieillesse. Dès le stade de l'âme toutefois, un tri s'opère. En effet, il en est encore pour douter de son existence ou, plus communément, se désintéresser de celle-ci. Ces derniers la vivent ou plutôt la subissent puisque leur refus de la considérer dans son intégrité les empêche d'en acquérir la maîtrise et la connaissance, laquelle, seule, permet la création de l'Esprit. Situé en dernière place, l'Esprit est en effet conséquence et non source. Il est généré à partir de la dualité Corps/âme. Si ces trois mondes se compénètrent et sont interactifs, l'action de l'Esprit n'intervient qu'en dernier ressort et est étroitement dépendant de l'harmonie instituée entre les deux premiers. En effet, la trinité exprime la Création, laquelle est issue de la fusion de l'âme avec le corps, cette fusion donnant à son tour l'Unité synonyme de Esprit.

Ainsi, un corps ignorant l'âme, reste impuissant à créer l'Unité de l'Esprit. Cela d'autant plus qu'au corps conscient de l'âme, reste encore la tâche de s'y harmoniser et que, pour y parvenir, il devra développer la connaissance de celle-ci en la considérant comme constitutive de sa dualité, elle-même expressive de la notion d'alterité, tant extérieure qu'intérieure. Or, deux parties d'un même tout qui ne s'unissent s'opposent. Une dualité non harmonisée est nécessairement dans le conflit car dans l'opposition. Entre le conflit et l'harmonie, il n'existe aucun moyen terme si ce n'est la Schizophrénie de deux parties d'un même tout cohabitant dans l'ignorance de l'autre.

Et, en bien des points, le monde à son état actuel peut être considéré comme Schizophrène. Pourquoi ? Pour deux raisons qui tiennent à deux manières de se situer dans la négation de l'altérité et donc de l'âme.

Chez certains, religieux et croyant, cette négation vient d'une vision monolithique issue, il faut bien le dire, d'un monothéisme mal compris qui est parvenu à occulter le principe de la Trinité. Ainsi, en n'admettant qu'un seul dieu, l'homme de foi cherche l'Unité, l'unique sans faire le chemin créateur de la dualité, puis de la trinité créatrice d'unité. Par ce déni du processus même de la Création -sur lequel repose pourtant le concept du Dieux unique-, qui suppose d'harmoniser l'altérité, ils détruisent. On voit ce processus s'opérer dans la forme intégriste actuelle qui émerge des religions monothéistes.

Chez d'autres, scientistes et athée, la négation de l'âme, empêchera tout simplement de parvenir à la conscience de l'Esprit. Niant leur propre altérité, ils nient l'autre. Là encore, le processus trinitaire de la création est endigué, ici par limitation personnelle, ce qui, faute de créer, détruit. On peut observer ce phénomène dans l'égoïsme de l'occident matérialiste n'accordant d'importance qu'à une matérialité et une corporalité qui nie l'âme.

Or, celle-ci existant, même si elle reste dans l'inconscient, elle mène alors sa propre vie. Et cette vie n'étant pas fusionnée à celle de la corporalité, elle ne peut que s'y opposer. Et ce phénomène, non content d'empêcher la création de l'Esprit, promis par toutes les grandes Traditions, finit même par détruire la vie dans sa corporalité même, c'est-à-dire dans sa manifestation la plus évidente et visible : cataclysme, épidémie, et autres fléaux menace un monde qui reste dans le déni de l'âme et qui voudrait chasser son ombre.

C'est ce que Jung n'a eu de cesse de nous dire, faisant ainsi écho aux plus lointaines traditions dont la résurgence actuelle s'exprime par une science nouvelle : la psychanalyse. Emergence d'une nouvelle science rendue nécessaire par le refoulement dans l'ésotérisme de connaissances auparavant diffusées par la religion, laquelle s'est elle-même dépossédée de l'âme au profit d'une vision unilatérale -obsessionnelle ?- de l'Esprit.

Mais à l'image du monde schizophrène, cette science a produit dès sa naissance un schisme opposant l'école Freudienne et Jungienne. Il est symptomatique qu'une production intellectuelle naisse spontanément à la dualité sur un plan historique. A l'image de Caïn et Abel, il faut y voir l'expression de l'alternative du bien et du mal et considérer la descendance qui peut en naître. Or, il semble évident que c'est l'école qui contient en elle la dualité, seule garante de l'émergeance de l'Esprit dont on peut espérer une descendance. La pensée qui ne considère qu'un seul pan de l'être étant impuissante à générer quoique ce soit de fécond, qu'il s'agisse d'esprit ou d'instances plus modestes telle que la simple humanité.

Une conception de l'individu définie par la seule pulsion sexuelle de la libido tel que le présente la thèse freudienne est, à cet égard, châtrée de toute capacité à produire ou se reproduire. Evoluer dans cette pensée mène inéluctablement à l'autodestruction de l'individu, faute d'envisager sa nature duelle qui est pourtant l'objet de la psychanalyse qui a fait du concept d'inconscient, le pendant du conscient. Si cette démarche fondée sur la dualité conscient/inconscient débouche sur une vision unitaire de l'inconscient, elle cesse d'être féconde tant il est vrai que c'est par la mise en abîme que l'on peut espérer évoluer dans le mystère. Or un inconscient considéré sur le seul plan de la libido sexuelle et revenant, en cela, à une vision unique et par conséquent inféconde s'avère destructeur, même s'il se situe dans l'alternative conscient-inconscient.

 

Seul un concept duel de l'inconscient peut générer, c'est-à-dire produire une compréhension de l'inconscient comme pendant du conscient, lui même inscrit dans la dualité émotion/raison, émotion elle-même inscrite dans la dualité haine/amour tandis que la raison s'inscrit quant à elle dans la dualité analyse/synthèse, etc. On le voit, nul concept monolithique ne peut asseoir une véritable compréhension. La véritable compréhension étant par nature féconde, parce que, précisément, assise sur la dualité seule capable de générer et de prolonger la vie que ce soit d'une idée, comme celle de l'être lui-même.

 

Toute pensée monolithique, toute vision unitaire de la réalité, en ce qu'elle n'est pas génératrice et porteuse de vie et d'évolution est nécessairement destructrice. Car ce qui ne génère pas n'a que le recours de la dégénérescence. Ce fait implique que l'existence même suppose constamment un choix au sein de perpétuelles alternatives. Chaque choix opéré se doit de générer une nouvelle alternative, de laquelle de nouveaux choix pourront s'opérer.

 

Tout choix s'opérant dans la négation de l'altérité, c'est-à-dire finalement trop précipité dans le désir d'accéder à l'Unité, est destructeur de vie, car il cesse d'être générateur de nouveaux possibles.

 

Ainsi, un monde qui ne se sait triple dans sa manifestation frôle-t'il le danger de se détruire pour avoir cherché son unité dans la méconnaissance de ses fondements véritable qui repose sur une trinité issue d'une dualité transcendée.

 

Pour beaucoup, le choix à opérer s'impose par la crise, expressive de la croisée des chemins où une alternative est à prendre. Un homme qui ne rencontre pas de crise, dans le monde schizophrène où nous vivons est à plaindre, car cela suppose qu'il ne rencontre jamais l'altérité, laquelle n'opère pas moins dans l'ombre. De cette absence de confrontation, tout est à craindre et, en premier lieu, au niveau individuel, la maladie.

Beaucoup supposent dans le terme de " confrontation " : l'opposition et le conflit. Or, se confronter à l'alterité peut se faire dans la sérénité, mais cela dépend de l'ouverture au dialogue, ce terme dans son éthymologie signifiant "laisser s'exprimer les deux discours".

Si ces deux discours sont contradictoires, il faudra pourtant trouver un terrain d'entente, opérer une synthèse pour parvenir à l'unité. Ceci est une évidence. Or, de ce qui vient d'être dit, il faut retenir non pas, comme beaucoup le font, " l'obligation de dialogue " puisque ce dernier, par l'aspect fondamental de la dualité est incessant et constant. C'est bienl'ouverture à celui-ci qui doit être objet d'un effort particulier, parce que cette ouverture n'est ni naturelle, ni spontanée chez l'individu qui, inquiet de son intégrité, n'aime pas à percevoir le monde dans sa dualité.

Et effectivement, il est épuisant nerveusement d'être à l'écoute de deux sons simultanés par exemple. La quiétude et le repos se trouvent dans l'unité, mais s'endormir sur elle n'est pas non plus souhaitable.

Ne peut-on considérer donc que cette fatigue nerveuse due à l'écoute de la dualité n'est que le fait d'un manque de résistance faute d'exercice d'un certain muscle qui est à l'origine de cette faculté à l'écoute de la dualité ? Certes. Et ce "muscle" n'est autre que l'intuition. Muscle d'autant plus atrophié que l'éducation que nous recevons ne nous à guère appris à le développer.

Et c'est pourtant, dans son développement que l'on peut espérer un monde qui sorte de son état de schizophérine pour être parvenu à être à l'écoute de plus en plus constante "des deux discours", cela sans s'épuiser nerveusement.

Or, comment se travaille le muscle de l'intuition ? Par l'étude et la pratique d'une science divinatoire et plus particulièrement L'astrologie.

 

PSYCHANALYSE & ASTROLOGIE

La psychanalyse traite le contenu inconscient en faisant appel à l'association d'idées, fondée sur la structure symbolique du psychisme, laquelle ne peut être appréhendée que par la loi d'analogie exprimée par images.

L'ésotérisme et l'astrologie en particulier connaît depuis longtemps cette structure analogique du réel puisque la table d'Emeraude l'énonce en principe premier : "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas" "Connais toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux". La pensée ésotérique repose tout entière sur une structure analogique articulée par le "comme", cher aux poètes qui, tout en produisant de l'image, parviennent parfois à anticiper, eux aussi le réel. Combien d'artistes n'ont-ils pas constaté le caractère prémonitoire de leur oeuvre ? Tout être inspiré en fait l'expérience. Pour l'ésotériste, c'est banal.

Parce que notre culture nous a appris l'individualisme, chacun se pense unique avant de se savoir partie d'un tout. Ainsi, crie-t'on au génie lorsqu'un être ne fait tout simplement que traduire ce qui appartient à tous, c'est-à-dire à l'inconscient collectif. Un artiste à succès, n'est ni plus ni moins que médium ou encore traducteur de l'inconscient collectif. Qu'il le fasse avec plus ou moins d'art, de talent et de virtuosité est encore autre chose...

Concernant la psychanalyse, et d'un point de vue strictement méthodique et clinique, Freud reste un maître inconstestable. C'est sur un plan philosophique qu'il y a beaucoup à redire, ce qui n'est pas le cas pour Jung. Ce dernier, en effet, en étudiant la structure de l'inconscient a tout logiquement été chercher du côté de l'ésotérisme pour fonder sa pensée. Il a fait la démarche inverse de l'ésotériste et n'en est pas moins arrivé à la pensée alchimique pour apporter une justification théorique à son approche méthodique et analytique de l'inconscient.

La clé de la pensée Jungienne est le principe d'individuation. Celui-ci, dans notre monde individualiste a été mal compris. D'ailleurs il ne peut être véritablement compris par celui qui n'a pas fait l'expérience de la réalité de l'inconscient collectif. Cette réalité est exprimée par un thème astral, qui représente la portion de ciel dont chacun est constitué et dont j'ai parlé plus haut, mais elle peut-être appréhendée aussi par la simple introspection, la méditation.

Le concept d'individuation est rattaché à celui que l'on trouve chez Gurdjieff qui consiste à développer de la conscience, ce qui est le but de toute existence. Créer de la conscience demande d'une part de rendre conscient les contenus inconscients, mais aussi et, c'est le sens même du concept d'individuation, de faire la part de ce qui est, dans notre inconscient, partie du collectif et partie propre à notre individualité. Individualité qui reste d'ailleurs bien souvent, pour l'homme comme pour la femme, à forger ou pour certains, qualifiés d'initiés par la Tradition, à parfaire.

L'étudiant astrologue fait l'expérience de l'inconscient collectif lorsqu'il réalise combien les astres le gouvernent alors qu'il pensait agir par libre arbitre. Sa première approche de l'astrologie lui fait réaliser combien c'est Saturne ou Jupiter qui ont décidé de ses bonnes ou mauvaises périodes, non lui. Il pensait pourtant être maître à bord et agir comme bon lui semblait. Ce n'est d'ailleurs bien souvent qu'après une mauvaise période, lorsque l'être se rend compte que les choses ne suivent pas ses volontés qu'un individu va chercher à comprendre et s'ouvrir à l'astrologie. Avant cela, l'homme reste dans une pensée infantile et magique, fondée sur la toute puissance de sa volonté. Or, si cette volonté est en effet toute puissante et peut le mener à la divinité, elle doit auparavant prendre conscience de son interdépendance au monde.

L'individu inconscient ne peut prétendre exercer aucune volonté -si "volontaire" soit-il-, puisque ce qu'il prend pour sa volonté propre n'est que l'incidence de quantités d'interactions qu'il synthétise en son être. Il n'en fait pas le choix.

On ne peut parler de libre arbitre que pour un individu conscient des multiples conditionnements qui le déterminent et qui opère un choix parmi ceux-ci, en toute conscience. L'individu moyen du XXIeme est tout juste conscient de sa dépendance collective d'un point de vue social. D'ailleurs la conscience civique ayant disparu avec l'indidualisme forcené du libéralisme, cette conscience même est mise à mal. L'éclatement de la cellule familiale l'a en outre éloigné d'une conscience de l'atavisme familial. Au mieux, il en retrouve l'écho chez son psychanaliste ou son médecin, lequel a pour fonction de chercher les "racines" de son mal et lui parle généalogie d'une problématique ou génétique d'une maladie.

Pourtant la pensée d'une dépendance cosmique progresse et, par là-même, la croyance en l'astrologie. Mais là encore, on peut y voir la traduction d'un individualisme mal compris qui conduit l'être à se penser unique au regard du ciel et à s'exclure de tout référent sur terre. Sans doute est-ce un passage obligé pour l'avènement de la conscience cosmique et universelle du nouveau millénaire, mais il ne faut pas non plus en négliger les dangers dont le principal est une déshumanisation. Une harmonie et un équilibre devront être trouvés entre universel et particulier, cosmique et terrestre.

La fameuse phrase de Malraux " le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas" est vraie mais exprime aussi le danger d'un développement conceptuel au détriment d'un enracinement dans le réel, c'est pourquoi je préfèrerais pour ma part annoncer que le "XXIème siècle sera ésotérique ou ne sera pas". Pourquoi ésotérique ? Parce que dans l'ésotérisme résident les "racines" de la conscience alors que la spiritualité n'en est que le "branchage".

Les racines sont ce qui permet à la croyance (fonction spirituelle) de devenir connaissance (fonction intellectuelle). Dans le terme de "branchage" qui se réfère ici à l'Arbre du Monde, ou encore de la Connaissance, on ne peut manquer de retrouver le terme de "branché", lequel évoque bien le monde en réseau que nous prépare l'ère du Verseau. Mais ce qui vient d'être dit souligne aussi le danger d'un monde virtuel déconnecté du réel qui menace une humanité ayant définitivement occulté ses racines.

L'image de l'arbre avec ses racines et son branchage permet de se représenter le mythe du "basculement des pôles" cher aux ésotéristes. Après avoir vécu polarisé sur ses racines animales, l'homme se polariserait sur le branchage de l'arbre du monde -sur sa cérébralité-. Si l'on compare cet arbre au mat d'un navire sillonant l'infini, il est clair que nous devons nous attendre à un basculement des consciences, avec la menace évidente de se noyer dans le virtuel d'un univers rendu au chaos primordial par excès conceptuel.

Nous sommes ici dans la logique du Verseau, signe exprimant l'invention, le concept, instances étroitement liées au signe qui lui est opposé : le Lion. Ce dernier se rapportant quant à lui à la notion de Création, d'amour et d'identité. Un monde fait tout de virtualité, polarisé sur le Verseau qui ne s'équilibrerait pas au Lion, est en danger. Privilégier le virtuel, le pensé au détriment du créé, du réalisé sera le danger du prochain millénaire.

Le Verseau, symbolise une humanité entrée dans la conscience cosmique, qui a retrouvé sa source spirituelle, et coopére à la création par sa conscience du monde angélique, consciente de participer à la Création, mais il peut tout aussi bien échouer dans sa vocation et son évolution, s'il se détache du Lion, signe évoquant l'amour comme principe créateur. S'il n'y a pas évolution des consciences, le Lion ne s'exprimera alors que dans sa plus basse expression qui est celle de l'égoïsme, du "moi je" et le Verseau sera vécu alors non en terme de coopération, mais dans son défaut essentiel qui, au lieu d'être solidaire du groupe, devient indifférent à l'existant et préfère trouver son compte dans le virtuel, l' " à venir ", plutôt que le présent.

Jean Phaure, dans son livre "le Cycles de l'Humanité Adamique" est conscient de manifester un esprit réactionnaire lorsqu'il s'insurge contre une idée clé de notre époque qui est celle de progrès. Or, si la pensée de cet auteur pèche effectivement par excès, il n'en a pas moins raison sur le fond et le caractère profondément faussé de cette idée de progrès, idée d'ailleurs tout à fait liée au symbolisme du Verseau. Elle est l'expression même d'une humanité oublieuse de ses véritables origines, origines dont seule la pensée ésotérique garde trace. C'est pourquoi quelque fastidieuse que soit parfois la lecture de son ouvrage, nous la recommandons chaudement à celui qui veut mieux comprendre le sens de son époque.

Et je m'associe à la voix de Jean Phaure pour contredire ce concept de progrès, qui n'est vrai que sur un plan réduit, purement matériel et technique, et parfaitement faux sur le plan de l'évolution de l'humanité, laquelle n'a fait qu'involuer. La tradition ésotérique nous le dit, nous en sommes à l'âge de Fer, âge où l'homme est le plus éloigné du stade de perfection qu'il a connu et que la tradition chrétienne évoque par le concept de " paradis perdu ".

Si nous pouvons nous réjouir, car nous réamorçons l'ascension vers l'Age d'Or, il convient de s'en donner les moyens. Si d'un point de vue atemporel nous n'avons pas d'inquiétude à avoir car la création étant parfaite, nous n'avons pas à craindre l'erreur. Il convient toutefois de rester vigilant contre les dangers d'anéantissement et de propager la pensée qui soutiendra ce processus évolutif en épargnant les crises et soubressauts qui menacent une humanité inconsciente de son processus de croissance. De toute façon nous en arriverons au même résultat, mais la question est de savoir si cela se fera dans la douleur ou la sérénité.

Tel est bien l'enjeu de la période actuelle où se développe d'une part la technologie et d'autre par la conscience spirituelle avec le développement des pouvoirs qu'elle suppose. On peut voir dans ce rapport des forces d'évolution en jeu, la guerre du bien et du mal, ce dernier étant exprimé par les excès matérialistes entraînant avec lui un développement technologique outrancier mais incapable de subvenir aux besoins vitaux de la collectivité humaine mondiale. Mais, conjointement, s'opère le développement d'une conscience spirituelle, laquelle rend d'ailleurs bien inutile tout ce foisonnement d'invention.

Parmi les dangers d'une ère du Verseau mal engagée, il y a aussi celui de la mécanisation avec le mythe souvent imaginé par les auteurs de science fiction, d'une humanité qui en viendrait à être dirigée par un ordinateur ou un robot ayant réussi à dominer l'humain. Mais nous sommes en plein dans la réalisation de ce mythe puisqu'à cette accélération de progrès nul ne peut trouver de responsable, d'où le discrédit du politique et la disparition des idéologies. Evidemment, les Etats-Unis, devenu maître du monde, font encore illusion en donnant le sentiment de maîtriser la situation, mais eux aussi sont prisonniers, et entraînés dans le processus mis en route et alimenté par la loi du profit, loi elle-même en passe d'être dépassée par un monde où l'argent lui même se dématérialise, transitant de manière de plus en plus virtuelle à coup de manipulation d'ordinateur d'un compte sur l'autre.

L'argent lui-même devient virtuel. C'est bon signe. Le problème est que l'égoïsme et l'avidité propres à la nature humaine n'est pas endigué pour autant et le monde est encore mené par ceux qui courent après une ancienne idée de l'argent. Si bien que, même dans un monde où l'argent est en passe d'être virtuel, nous continuons de subir les méfaits d'un esprit de profit qui pourtant n'a plus d'objet.

Voilà l'aberration d'un monde où il serait préférable de songer à la manière de partager les richesses, plutôt que d'amasser un capital rendu virtuel ou conceptuel par le développement technologique. L'homme le plus puissant du monde ne fait que posséder des chiffres sur un écran. Et son seul pouvoir est sans doute de pouvoir provoquer un crack en bourse par une simple manipulation d'ordinateur. Pouvoir qu'a tout aussi bien un pirate internaute sans un sou en poche.

C'est dans cette logique du phénomène de virtualisation dû au progrès technologique que nous pouvons nous réjouir, car il est en train de créer un monde égalitaire qu'aucune idéologie n'est jamais parvenue à instituer. Toutefois, le véritable problème est que cet état de chose se faisant de manière spontanée, il n'a personne pour le penser ! Et si tant est qu'il y en ait qui le pensent, ils ont le plus grand mal àfaire entendre leur point de vue, tant ils se heurtent à une pensée archaïque, aggravée par un instinct réactionnaire suscité par la peur d'un monde dont l'homme ne comprend plus les rouages. Faire évoluer les mentalités est le seul combat valable à mener actuellement.

Ainsi, l'idée du travail, qui fut un temps l'une des mamelles de la république est en premier chef concerné par le besoin d'être repensé. Comme je l'ai lu chez un journaliste brillant, on parle de partage du temps de travail, or la mécanisation a considérablement réduit ce travail. N'est-il pas illusoire et vain de concentrer ses efforts sur le partage d'un temps de travail devenu rare puisque c'est la machine qui le réalise ? En revanche, cette même machine continue à produire de la richesse qui se concentre de plus en plus en de rares mains détentrice de capital. Avant que ces derniers ne meurent étouffés par une richesse de plus en plus virtuelle comme nous l'avons vu, et les autres affamés par une pauvreté, elle par contre bien réelle, il faudrait peut-être songer à redistribuer le capital plutôt qu'un travail qui n'existe pas ou du moins pas en quantité suffisante.

Mais avant d'en arriver à prendre les mesures qui s'imposent, encore faut-il que le citoyen dépasse sa vision rétrograde et accepte sans culpabilité d'être simplement payé pour exister et consommer, plutôt que pour travailler. Ce sont toutes nos valeurs fondamentales qui sont bousculées par un état de fait auquel le "progrès" nous a mené. Refuser d'analyser la situation avec lucidité pour s'accrocher aux vieilles valeurs par confort moral et peur des remises en questions est bien notre danger et il risque de nous mener à la catastrophe.

Ceci d'autant plus sûrement, que les pouvoirs mènent une politique démagogique, suivant les ordres d'un électorat peu qualifié pour penser ces nouvelles données du monde moderne et chez lequel la peur de l'avenir dicte au contraire des choix réactionnaires allant à l'encontre des progrès et innovations qui seraient nécessaires. On le voit, le virage est très délicat à emprunter.

Et il semble bien qu'il n'y a que dans une révolution des consciences qu'un tournant serein puisse être espéré. C'est ici que j'en reviens à l'objet de cet article qui n'a pas d'autre dessein que de soutenir l'avènement d'une nouvelle pensée en tentant de réintroduire des considérations dites ésotériques dans une réflexion générale sur le monde.

A cet égard, rendre la science astrologique abordable dans ses grandes lignes à tout individu pensant, sans qu'il ait pour autant besoin de se verser totalement dans l'étude de cette connaissance me paraît indispensable.

Il convient de dire une évidence : tout peut être pensé et les consciences cultivées par le temps d'étude rallongé, ne peuvent que se perdre en sophisme et du doute passer au cynisme lui-même porteur de désespoir.

Or, dans l'ésotérisme et l'astrologie en particulier, on trouve bien des raisons d'espérer et de donner du sens au vécu, raisons inabordables par celui qui se borne à la culture classique pour réfléchir le monde. Beaucoup vont chercher du côté de la spiritualité, mais c'est là encore faire l'économie de la raison, puisque par définition la spiritualité se fonde sur la croyance et non la connaissance. Par l'astrologie on parvient à transcender les limitations conceptuelles de notre monde matérialiste sans pour autant se dispenser de rationalité.

Pourquoi ? Parce que ce que la psychanalyse paraît avoir découvert, c'est à dire la structure analogique du psychisme et donc du rapport à la réalité est l'objet même de l'astrologie et des sciences dites ésotériques. L'astrologie "marche" parce qu'elle est fondée sur la réalité première qui veut que le symbole ou l'archétype prééxiste au réel, de même que l'on peut dire que l'âme préexiste à l'individu.

C'est uniquement parce que nous avons oublié cet "ordre des choses" que nous avons ressenti le besoin d'une psychanalyse et que nous avons des malades. Etre aligné sur le véritable ordonnancement des choses ferait de nous les dieux que nous avons été et que nous pourrons redevenir, mais pour l'heure le désordre règne encore en maître. Et il s'agit avant toute chose de changer notre pensée sur le monde.

L'astrologie peut-être défendue comme le seul moyen de "philosopher juste". Dire cela c'est aller à contre courant de bien des idées reçues. Mais comme je l'ai dit plus haut notre monde "sophistiqué" s'est rendu victime d'un abus de sophisme où tout nous apparaît alors interchangeable et sans valeur, dénué de sens.

Le langage éternel que nous tiennent les astres ne peut être soupçonné d'un quelconque sophisme, même si son interprète peut, lui, l'être. Nous astrologue avons la preuve incontestable que les astres parlent vrais lorsque nous voyons que nous sommes capable d'anticiper d'un état de fait par la simple connaissance des positions planétaires. Une pensée peut être considérée comme vraie à partir du moment où elle se vérifie dans le temps, or, c'est cette vérification que ne cesse de faire l'astrologue dans sa pratique. Il ne peut donc douter de la vérité des propos que lui tiennent les astres. Toutefois, il est évident qu'il faut être devenu soi-même astrologue pour mesurer pleinement cela. Tant que l'on ne fait que consulter l'astrologue on est toujours en droit de se demander si l'on a pas simplement été influencé par une parole subjective à laquelle nous avons donné pouvoir sur nous. Ainsi, beaucoup pensent que lorsqu'une prévision se réalise c'est parce qu'on l'a inconsciemment provoquée. C'est l'exemple classique de l'accident prévu, qui bien entendu ne serait pas arrivé si on avait pas été voir un astrologue pour nous y faire penser !

D'ailleurs l'astrologue a souvent à faire à ce phénomène qui dans l'esprit du consultant l'amène à être confondu avec sa science. Le consultant n'est jamais très loin de vous en vouloir si vous n'avez pas de bonnes prévisions à lui faire, comme si vous aviez le pouvoir de changer le cours des planètes dans leur trajectoire !

Le fait est que l'astrologue est en quelque sorte interprète de la Loi Universelle et que cela lui attribue tout à la fois pouvoir et responsabilité. Je juge pour ma part cela trop lourd pour mes frêles épaules et c'est pourquoi j'ai à coeur de faire partager aux autres le goût et l'intérêt pour cette science en favorisant l'accès à sa connaissance. L'astrologie apporte un tel enrichissement personnel qu'elle constitue en quelque sorte le meilleur des guides spirituels. Par elle, on apprend à se connaître, soi-même et les lois.

Et rassurons-nous, cette capacité à prévoir par l'astrologie n'est pas infaillible et dépend toujours du facteur humain. C'est pourquoi, pour ma part, je suis plus soucieuse de défendre l'astrologie comme, une sagesse, un outil de réflexion sur soi et sur le monde, outil qui dans notre monde en mutation apparaît particulièrement précieux.

 

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Commentaires (1)

1. GARZO 16/05/2015

Mon commentaire est insignifiant quant au contenu de l'écrit
L'auteur remonte loin en puissant dans les traditions anciennes et pour mieux mettre en évidence le décalage qui émerge de plus en plus dans notre société humaine
Face à sa liberté, son usage et sa vérité première.
Le monde des ténèbres et en marche
Sourions çà vaut mieux

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© Laurence LARZUL - 2011-2012