Astrologie Karmique : zodiaque tropical ou sidéral ?

 

Astrologie Karmique : zodiaque tropical ou sidéral ?

Cette question m'a été mainte fois posée et pour la devancer, étant donné que je ne pense pas avoir traité de la question dans mes ouvrages, Je vais développer ma réponse dans cet article. (Réédition d'un article paru dans LA REVUE en 2007)

 

UNE ÉVOLUTION DE LA PRATIQUE SUR LA BASE D'UN CONSENSUS ETABLI

Si je n'ai pas traité de la question c'est qu'il allait de soi, pour moi, que j'enseignais cette astrologie à des astrologues occidentaux et la majorité pratique avec un zodiaque tropical et les maisons placidus. C'est donc ce procédé de lecture faisant consensus et admis par la majorité des astrologues occidentaux que j'ai cherché tout simplement à améliorer. Ceci en transmettant le fruit de mes recherches et inspiré d'une longue et intensive pratique de l'astrologie. Astrologie qui m'était antérieure et constituait le corpus de base de l'astrologue occidental.

 

Le zodiaque sidéral qui tient compte du décalage d'environ 23° dû à la précession des équinoxes n'a d'intérêt, selon moi, que pour estimer les notions d'ères (ère du Poissons, puis ère du Verseau, etc), c'est à dire une échelle de temps bien supérieure à une vie humaine, de 75 ans en moyenne. Une ère est donc trop vaste pour intéresser le plan d'une incarnation. Une vie humaine est en effet bien trop courte pour utiliser ce référent. Cela peut éventuellement intéresser un cycle d'incarnations sur un continuum de 2500 ans, mais relativisées à cette notion d'ère transcendant la vie humaine.

Si l'on fait un compte précis, 2 500 ans donneraient 33 incarnations humaines de 75 ans et nous ne doutons pas qu'il y en aurait pour gloser sur le sujet. Ceci pourrait d'ailleurs éventuellement faire l'objet de recherches en karmique tant ce champ d'investigation est passionnant et riche en découvertes potentielles. Mais il vaut mieux considérer qu'avec les ères, nous entrons sur le plan transpersonnel et transcendant qui n'a plus grand chose à voir avec l'homme moyen en quête d'un éclairage sur son incarnation dans un siècle donné. Ces notions de "grande année" etc n'intéressent pas le karma de l'homme moyen, bien que cela fasse l'objet d'une connaissance dite ésotérique concernant l'évolution humaine et perpétuée chez les astrologues occidentaux? On peut lire sur le sujet "Les Cycles de l'Humanité Adamnique" de Jean Phaure à ce sujet par exemple ou encore "le Destin du Monde d'après la tradition Shivaïte", d'Alain Danielou s'étendant longuement sur ce sujet mais dans un esprit de respect pour la pensée indienne la plus conservatrice qui pourra choquer l'esprit occidental, notamment lorsqu'il prend le présupposé spirituel pour défendre la société de caste. Il y a eu pourtant des sages indiens connaissant parfaitement leur source traditionnelle pour s'opposer à cette même société...

 

OCCIDENT ET RÉINCARNATION

On peut parfaitement, nous occidentaux, penser la réincarnation sans sombrer dans ces travers qui ont forgé la société indienne selon sa propre compréhension de la réincarnation. Certains astrologues karmiques occidentaux seront même en droit d'y voire une déformation et d'une réinterprétation de la vérité spirituelle, tant cela aboutit à un préjugé des plus racistes et très choquant pour notre mentalité occidentale empreinte d'humanisme chrétien.

Pour continuer à étayer mon propos, je ferai noter que bien que changeant de référent cosmique, 2500 ans n'ont en effet pas suffit à changer le cycle des saisons et le référent tropical reste donc le plus efficient pour notre partie du monde, car sa symbolique tient à ce rapport bien terrestre des saisons. En rappelant que l'astrologie ne s'est pas seulement construite sur la connaissance des astres, mais aussi par l'observation des cycles du vivant qui en dépendent puisque cette connaissance a participé de la génèse des calendriers.

 

UN PRÉJUGÉ DOUTEUX

Penser faire "plus" karmique en optant pour le sidéral est donc à mon avis une erreur dont le "pourquoi" s'explique. Cela s'explique, certes, mais la pratique ne valide pas ce postulat tout à fait théorique. Et bien trop "théorique".

Il s'avère en effet que certains ont l'illusion de faire une astrologie "plus" karmique en optant pour le système sidéral, tout simplement parce que c'est le système de l'astrologie indienne et que, pour beaucoup, la notion de réincarnation est uniquement relative à la philosophie indienne. Je m'évertue, quant à moi, à rappeler que ce concept était déjà présent dans la culture grecque, via quelqu'un comme Pythagore par exemple, de même que l'astrologie occidentale nous vient des grecs. Il n'y a donc aucune raison de changer de système pour pratiquer l'astrologie karmique, l'astrologie occidentale tropicale qui nous vient des grecs étant parfaitement adaptée puisque dans ses sources historiques on y enseignait aussi la notion de réincarnation (qui a été "effacée" par la culture officielle catholique ensuite, ce qui a retardé l'émergence et le développement d'une astrologie karmique occidentale au XXème siècle si l'on se souvient des persécutions pour hérésie face au dogme établi).

Ceux qui pratiquent mes ouvrages selon le système tropical sont nombreux à parler de "révélation" et sont frappés par la justesse des interprétations qu'ils y trouvent, lorsqu'ils les confrontent à la réalité et à la pratique. Ce qui suffit à plaider en faveur de cette pratique tropicale pour décrypter les indices karmiques du thème. Depuis plus de 15 ans que je pratique ainsi, je n'ai jamais eu de raison de changer de système vu les résultats probants obtenus.

 

Toute culture a son astrologie : l'indienne, la chinoise et l'occidentale (et passons sur l'arabe, l'aztèque, etc). De même qu'elles ont toutes leur médecine, leur cuisine, etc. Pourquoi, lorsqu'on est occidental, aller "emprunter" un système qui n'est pas le nôtre alors que notre propre système a fait ses preuves dans le temps ?

 

SCIENCE = CHAMP DE RATIONALITÉ COHÉRENT

Considérant le niveau d'évolution intellectuelle atteint par l'humanité, on sait bien à présent que l'on ne peut plus parler en termes de science que "de champs de rationalité cohérents" et l'astrologie en est un. Sans aucun doute. C'est d'ailleurs ce qui a permis sa transmission au cours des siècles. Réintégrer le notion de karma dans ce "champs de rationalité cohérent" ne nécessite donc que quelques petits réajustements méthodologiques, mais n'implique pas de changer totalement de référent.

Puisque nous sommes à l'heure de l'informatique, il est facile de comprendre, si l'on compare l'astrologie à un logiciel, que quelques 2000 ans après sa mise en point par Ptolémée, elle ait besoin d'une petite remise à jour...

Une simple remise à jour méthodologique

Comme le note Emmanuel LEROY dans son mémoire d'agrément au R.A.O voici les quelques "mini-révolutions" que j'opère dans l'astrologie traditionnelle pour la rendre "karmique". On peut considérer que ce n'est en réalité qu'une "remise à jour" de la lecture du thème selon l'état actuel de nos connaissances et de notre conscience. Citons donc Emmanuel : "L'astrologie karmique de Laurence Larzul s'inscrit dans la continuité de l'astrologie traditionnelle occidentale, même si elle n'en reprend pas intégralement le contenu et s'en différencie sur plusieurs sujets, par exemple sur l'analogie planète/signe/maison et sur l'attribution de la mère à la maison IV, et donc du père à la maison X. Concernant l'analogie signe/planète/maison, il peut être utile de préciser qu'en astrologie karmique, on reconnait que l'énergie planétaire colorée par le signe s'incarne dans le domaine signifié par la maison, comme en astrologie traditionnelle.

Mais on observe également des résonances ou des redondances qui font que, par exemple, l'interprétation d'un Noeud Nord en Bélier et en maison III et celle d'un Noeud Nord en Gémeaux et en maison I présentent des points communs. Par ailleurs, l'astrologie karmique de Laurence Larzul n'utilise pas les dignités traditionnelles. Et elle relativise l'importance des aspects. Pour reprendre une expression tirée de la brochure d'Yves Lenoble, Origine et histoire des maisons, des aspects, des maîtrises, du zodiaque, nous pouvons dire qu'il s'agit d'un "changement d'optique" comme il y en a eu à de nombreuses reprises dans l'histoire de l'astrologie."

Emmanuel, qui pratique depuis de longues années maintenant ma méthode, et qui a pu ainsi l'approfondir, en a bien cerné les "mini-révolutions" méthodologiques. Elles ne font que recadrer le discours de l'astro-logos (le discours des astres) pour le rendre tout à la fois plus contemporain sur le plan méthodologique, en évacuant des concepts et des distinctions de la tradition tels que naissance diurnes et nocturnes. En effet, pour rendre plus "subtile" son discours, l'ancienne astrologie avait besoin de ce type de "nuances" puisqu'elle manquait, jusqu'en 1781, -année de la découverte de Uranus, première des planètes transaturniennes-, de 3 planètes pour s'expliquer les choses.

Maintenant que ces 3 transpersonnelles existent et sont intégrées dans le logos de l'astrologue : quel sens cela aurait-il de continuer d'utiliser cette vieille méthode de lecture du thème ? Puisque la découverte de ces nouvelles planètes vient combler une lacune dans le discours de l'astrologue ...

Comme je le réponds à mes élèves, cela serait en tout cas un archaïsme que de conserver la double maîtrise pour les signes du Scorpion, des Poissons et du Verseau dans la pratique de cette méthode. On peut les connaître à titre de "culture personnelle", mais en tant que praticien de cette nouvelle astrologie ce serait faire montre d'incohérence méthodologique.

C'est sur ce genre de "précision" que repose la nécessité de se former par les cours de l'association. J'en vois trop piocher de bric et de broc dans diverses pratiques pour aboutir finalement à un galimatias karmique. La méthode que je propose est rigoureuse et excessivement cohérente. Et ce sont les "réflexes" de lecture, nécessaires pour accéder à cette cohérence, et donc à une clarification karmique du thème, que j'enseigne.

 

UN "TRADITION" PAS UNE "MANCIE"

Lorsque j'entends certains dire que toutes les méthodes et approches se valent, je rappelle qu'il ne faut pas confondre astrologie et voyance. Une personne douée d'intuition, même non astrologue, pourra vous dire la vérité simplement en regardant une flaque d'eau, ou encore le fond d'une tasse de café ! Si l'astrologie s'est élevée au rang de science, c'est bien qu'il y a une méthodologie et une rigueur qui permet sa transmission, par delà tout don divinatoire et autre intuition du moment qui, pour être juste un jour, peut nous induire en erreur le lendemain.

L'astrologie est un yoga mental et on ne peut se permettre, en prenant l'analogie du yoga du corps, de pratiquer un asana de n'importe quelle façon sous peine d'en obtenir le résultat inverse à celui espéré. Et ceci est d'autant plus dommageable pour celui qui est en quête de vérité et la cherche via la pratique astrologique. Car alors : il aboutira à une contre-vérité.

Ce n'est pas parce que certains se contentent d'à peu près et se permettent l'approximation en toute impunité dans la mesure où fort peu, à part les enseignants rigoureux, pourront les contredire, que ceci doit faire loi. Ils devraient éprouver de la culpabilité de rester ainsi ignorant et à profiter de l'ignorance d'autrui. Mais ceci relève du sens de la responsabilité personnelle. Et, nous le savons, elle n'est pas également partagée entre les hommes...

Pour ma part, par delà l'enseignement purement technique, je rappelle que la devise de mon école est : "le coeur et la rigueur" ce qui est sans aucun doute plus importants qu'un quelconque don de voyance non maîtrisé pour faire un véritable astrologue...

© Laurence LARZUL - 15 novembre 2007

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